Ce qu’ils disent ou rien (Annie Ernaux)


C’est un livre assez étrange qui m’est tombé entre les mains… L’histoire est celle d’Anne, une adolescente, qui subit un grand bouleversement au cours de l’été qui suit l’obtention de son B.E.P.C; la voix est celle d’Anne, cette jeune ado fort déboussolée. Le style est surprenant: très oral, rapide, comme si le discours était débité d’une traite. On ne comprend pas toujours tout: les idées de la narratrice sont désordonnées, brouillonnes, parfois enchainées sans  lien apparent. Si l’idée de départ -découvrir les pensées d’une adolescente de l’intérieur – est intéressante, le livre n’en reste pas moins difficile à lire.

Résumé:

Anne, 15 ans et demi, vient d’obtenir son B.E.P.C, pour la plus grande fierté de ses parents, qui n’ont de cesse de lui rappeler que les études sont la clé de la réussite d’une vie. Eux sont ouvriers et ils espèrent mieux pour leur fille unique. Au cours de l’été, Anne se sent de moins en moins proche de ses parents. Leurs préoccupations ne l’intéressent pas, leurs disputes pas bien plus, et leurs conversations encore moins. Anne se sent déconnectée de leur monde. C’est peut-être parce qu’elle se transforme petit à petit en jeune fille qui ne pense plus qu’à une seule chose: le sexe. Grâce à son amie Gabrielle, Anne rencontre Mathieu, un moniteur de colo avec qui elle perd sa virginité (parce qu' »être vierge, c’est malsain »). Elle pense qu’elle a enfin passé un cap important dans sa vie: « Je me disais que théoriquement je pourrais mourir maintenant, je connaissais tout. Il faudrait vivre avec ça, toujours, quelque chose de très ordinaire finalement. Fini de refaire en rêve comment ça se passerait » (p. 105). S’enchaînent ensuite les rencontres et les relations sexuelles avec d’autres hommes. Anne se sent alors de plus en plus seule, de plus en plus vide. Elle ne comprend pas les codes des relations homme-femme, les codes des relations humaines en général.   « Et c’est ma faute alors, mon père, je l’ai entendu dire, l’homme propose la femme dispose, et plus loin, il dira Mathieu, avec un air malin, la femme se donne et l’homme se prête » (p.105)…

Conclusion:

La syntaxe anarchique rend la lecture assez difficile. Les pensées de la narratrice sont livrées d’un seul jet, sans préambule ni explication aucune. Néanmoins, la plongée dans l’univers d’une adolescente des années 70 vaut le détour. On y découvre ainsi toutes sortes d’idées, certaines dépassées (la façon dont la mère aborde la question des règles de sa fille, par exemple), d’autres toujours d’actualité (« J’ai bien remarqué que les garçons n’aiment pas qu’on fasse leur éducation »…). On prend également conscience que l’adolescence est une période à part dans la vie, un moment marquant qu’il est impératif de surmonter pour faire l’apprentissage de l’âge adulte et de la maturité.

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